Déjà 4 mois en mer pour les officiers-élèves du groupe Jeanne d'Arc 2019

Depuis le 25 février et leur départ de Toulon, les 130 officiers-élèves embarqués « loin, longtemps et en équipage » sur le porte-hélicoptères (PHA) « Tonnerre » et la frégate de type La Fayette (FLF) « La Fayette » naviguent au plus près des zones d’intérêt stratégique pour la France. Après la mer Méditerranée, la mer Rouge et l’océan Indien, le groupe Jeanne d’Arc est actuellement déployé en océan Atlantique.

 

Ce déploiement a notamment pour objectif la réalisation de missions militaires à dominante amphibie, de missions de souveraineté et d’assistance humanitaire tout en renforçant l’interopérabilité interarmées et interalliée et en contribuant à la préparation opérationnelle des forces françaises de présence.

 

Tous ces objectifs parallèles complètent l’objectif de formation des officiers-élèves dans un contexte opérationnel. Après un tronc commun, ceux-ci débutent une nouvelle étape de leur cursus : l’enseignement par spécialité.

 

mission jeanne d'arc

 

Première partie : instruction générale dans les domaines « opérations » et « énergie » et intégration complète à la vie opérationnelle des bâtiments

 

Lors de la première phase de la mission, les officiers-élèves ont bénéficié d’une alternance entre cours magistraux ‘’opérationnel’’ (OPS) ou ‘’énergie’’ (ENERG) et une mise en pratique concrète dans les postes de quart au sein des équipages du « Tonnerre » et du « La Fayette ».

Les instructeurs de l’école d’application des officiers de marine (EAOM) sont chargés de leur encadrement et responsables de leur formation. Ils ont à cœur de transmettre leurs savoirs afin de les transformer en officiers directement employables au sein des forces en tant qu’officier chef de quart (OCDQ), officier de quart opération (OQO) ou officier de quart navire (OQN).

 

Concrètement, des périodes de cours théoriques de 12 jours s’enchaînent avec des périodes similaires de mise en pratique, de quart, en passerelle de navigation, au central opérations (CO) ou au PC Machine, sous l’encadrement des membres d’équipages. Également intégrés au sein des services du bord, les officiers-élèves vivent alors au rythme opérationnel du Tonnerre et du La Fayette. La présence d’une FLF au groupe Jeanne d’Arc permet aux officiers-élèves de mieux se projeter  dans une frégate de premier rang qui peut constituer leur première affectation.

En cas d’alerte opérationnelle, ils sont directement intégrés au sein des cellules de planification et de conduite des opérations : l’opération Caouanne au Mozambique en a été un exemple concret.

 

Deuxième partie : attribution de la spécialité et autonomie progressive

 

A mi-mission, le déploiement prend un tournant pour les officiers-élèves. Ceux-ci, déjà pré-orientés, connaissent la spécialité dans laquelle ils débuteront leur carrière. Ceux issus de la filière « opérations » se répartissent entre « détecteurs » (lutte au-dessus de la surface), « artilleurs », « lutte sous-marine » (LSM), « systèmes d'information et de communication » (SIC), « aéronautique navale », « commandos marine » ou « plongeurs démineurs ». Ceux issus de la filière « ENERG » sont quant à eux orientés vers les spécialités ENERG, à bord des bâtiments de surface (ENERG/SURF), des sous-marins (NUC/SOUM), ou du porte-avions Charles de Gaulle (NUC/SURF). Sont également présents les ENERA, qui se destinent à la maintenance aéronautique.

Lors de cette 2ème partie de mission, les périodes de quart ont pour objectif de donner aux officiers élèves l’expérience de la prise de responsabilité en leur donnant le maximum d’autonomie. Les périodes théoriques sont désormais consacrées au cours de spécialités dispensés par les instructeurs de l’EAOM et ponctuellement par des marins du bord. Cette nouvelle phase de la mission Jeanne d’Arc leur permet d’approfondir le matériel et les systèmes dont ils seront en charge dans leur future affectation.

 

Une formation opérationnelle, maritime et militaire mais également humaine et géopolitique

 

Durant les 5 mois de la mission Jeanne d’Arc, outre l’intégration dans les services du bord, de nombreux créneaux d’échanges sont planifiés afin de préparer les officiers-élèves à leur futur rôle de chef de service et de capitaine de compagnie. Ainsi, des tables rondes avec les officiers supérieurs sont l’occasion d’échanger sur des thèmes d’actualité (contraintes de la vie embarquée, retour d’expérience sur des opérations, statut du militaire, éthique de l’officier, relations hiérarchiques avec leurs subordonnés et supérieurs…). 

Des conférenciers, journalistes, chercheurs ou diplomates sont ponctuellement invités à bord pour apporter une vision fine de l’actualité de défense, de l’environnement géopolitique des zones traversées et des intérêts stratégiques de la France.

Enfin, les officiers-élèves sont amenés à découvrir les relations avec la presse et préparés à prendre la parole face aux caméras.

 

L’exercice ETENDARD : une rampe de lancement vers leur future affectation

 

Fin juin, après un entraînement conjoint avec les forces américaines destiné à confirmer et accroître l’interopérabilité franco-américaine, les officiers-élèves connaîtront leurs futures affectations. Ils partiront alors pour un premier bloc de 4 ans : 2 ans sur frégate de premier rang afin de mettre en application leur formation opérationnelle et leur spécialité et 2 ans hors spécialité sur petit bâtiment type patrouilleur pour occuper un poste de commandant-adjoint.

 

Mais l’étape finale de la mission Jeanne d’Arc 2019 se déroulera en mer Méditerranée en toute fin de déploiement : la « guerre » simulée des officiers-élèves, autrement appelée exercice « Etendard ». Durant 5 jours, ils seront mis en situation de lutte sous la mer, sur la mer et dans les airs par différents exercices dirigés par un état-major d’officiers élèves. Cette manœuvre finale est le point d’orgue de la formation et permet une application concrète de tous les savoirs acquis durant le déploiement.. C’est à l’issue de cet exercice que le « Tonnerre » et le « La Fayette » accosteront à Toulon et fourniront aux forces cette nouvelle génération d’officiers, fiers et heureux de rallier leur future affectation afin de servir au mieux les intérêts stratégiques de la France.