Opération Frankton 09 : l’Ecole navale, l’EOCM et COMAR Bordeaux accomplissent leur devoir de mémoire

JPEG - 78.3 ko
Embarcations de 1942

7 décembre 1942 : dix Royal Marines sont largués en 5 kayaks au large de la Gironde par le sous-marin britannique HMS Tuna. Ils progressent de nuit et se cachent dès les premières lueurs du jour le long des berges. Leur objectif : remonter l’estuaire jusqu’à Bordeaux pour placer des charges magnétiques sur les bâtiments de ravitaillement allemands qui forcent le blocus.

Seulement deux kayaks y parviendront, le 12 décembre. Ils se séparent ensuite en deux groupes pour s’exfiltrer. L’un sera dénoncé et fusillé, l’autre parviendra à rejoindre le Royaume-Uni via Gibraltar grâce à l’aide de la Résistance.

Comment mieux rendre hommage aux membres de ce commando qu’en organisant une commémoration « dans l’action », fidèle à l’esprit aventureux et volontaire de ces jeunes britanniques, dont l’audace épargnera aux bordelais un bombardement tragique ?

JPEG - 131.4 ko
Jeanne Baudray et le détachement de la Marine

11 décembre 2009  : dix kayaks de l’Ecole navale partent dans le froid matinal de la plage de Talais. Sur deux jours, deux bordées vont se relayer sur 30 nq pour rallier Macau, à quelques kilomètres de Bordeaux. Cadres et élèves officiers de l’Ecole navale et de l’Ecole des officiers du commissariat de la marine, mais aussi élèves de l’Ecole du service de santé de Bordeaux et jeunes de l’Epide [1] perçoivent les difficultés inhérentes à une telle opération. Il faut faire avec le vent et les courants, qui empêchent toute navigation par marées descendantes dans des eaux limoneuses souvent couvertes de branchages.

Les navigations sont briefées avant chaque départ par les équipes de la Formation Militaire et au Commandement [2] de l’Ecole navale, tandis que la sécurité est assurée par un important dispositif qui encadre les équipes sur le fleuve : les vedettes de l’Adour (Athos et Aramis), une vedette de la SNSM et un zodiac de la gendarmerie maritime.

La préparation et la mise à l’eau des kayaks est parfaite. Et pourtant ! En sortant des eaux terreuses et fraîches de la Gironde, chacun réalise ce qu’a pu être ce raid, de nuit, en territoire ennemi et avec du matériel autrement plus rudimentaire. Une cérémonie de commémoration à Saint-Vivien, en présence des anciens combattants, d’une délégation de Royal Marines honoraires, et d’une forte représentation des autorités civiles (Etat et élus locaux) nous rappelle un peu plus à quel point cette opération est ancrée dans les mémoires du Médoc et des médocains.

Le détachement de marins ne peut que saluer l’admirable accueil dont il a bénéficié de la part des maires et habitants des communes traversées : Talais, Saint-Vivien, Valeyrac, Pauillac, Macau, Port-des-Goulées qui l’approvisionnèrent et l’hébergèrent, telle Jeanne Baudray (en photo avec le détachement) croisée soixante-sept ans plus tôt par le groupe de soldats britanniques. Remercions également le travail de l’association Frankton Souvenir, grâce à laquelle un monument commémoratif sera bientôt érigé.

A l’année prochaine !

Notes

[1] Etablissement Public d’Insertion de la Défense

[2] la « Prodef »


Haut de page | Plan du site | Contacts | Mentions légales | Webmail Horde | Portail ENT | Espace privé