Focus du mois d’octobre : les statues du parvis de l’Ecole navale.

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L’Espace de tradition de l’Ecole navale vous présente son focus du mois d’octobre : les statues du parvis de l’Ecole navale.

Depuis 1972, trois statues ornent le parvis de l’Ecole navale. Leur retraite à Lanvéoc est la dernière étape d’un long périple, commencé en plein Paris sous la Restauration.

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En 1810, l’empereur Napoléon qui souhaitait rendre hommage à ses généraux morts au champ d’honneur, en sélectionna huit et décida d’orner de leurs statues le pont de la Concorde. Cependant, la chute de l’Empire interrompit ce projet. L’idée fut reprise en 1816, sous la Restauration, sous forme de douze statues installées sur le même pont rebaptisé pont Louis XVI. On retint quatre ministres (Suger, Sully, Richelieu et Colbert), quatre généraux (Du Guesclin, Bayard, Turenne et Condé) et quatre marins (Duguay-Trouin, Duquesne, Tourville et Suffren), posés en 1828. Mais la masse des statues, qui mesuraient quatre mètres de haut, écrasait l’architecture du pont. En 1832, Louis-Philippe décida de les déménager à Versailles sur la place d’armes du château.

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En 1931, les statues furent dispersées et la plupart des grands personnages regagnèrent leur ville natale. Saint-Cyr reçut les quatre généraux, l’Ecole navale reçut Colbert, Duquesne et Suffren. Duguay-Trouin rejoignit Saint-Malo et Tourville-sur-Sienne (Manche), berceau de sa famille.

En 1936, l’Ecole navale de Saint-Pierre-Quilbignon accueillit Duquesne et Suffren sur son escalier d’honneur, Colbert étant placé à l’écart. Mais les bâtiments sortirent mutilés de la guerre. Colbert et Suffren portent encore aujourd’hui les stigmates des combats et Duquesne ne survécut pas aux bombardements. En 1963, la statue de Duguay-Trouin fut remise à l’Ecole navale au Poulmic et trôna seule pendant des années derrière le nouveau bâtiment des élèves.

Ce n’est qu’en 1972 qu’il retrouva Suffren et Colbert au pied de l’escalier menant à la Tour de Commandement.

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Attention aux détails… Colbert est enveloppé dans un manteau sur lequel est brodée la croix de l’ordre du Saint-Esprit dont il était grand trésorier. Il s’appuie sur un pilier portant les armes de sa famille « d’or à la couleuvre ondoyante en pal d’azur »).

Duguay-Trouin est représenté lors de la prise de Rio de Janeiro en 1711, appuyé sur un mât brisé. Revêtu d’une tenue avec crevés aux manches, dentelles et chapeau emplumé, il est armé d’une épée courte et d’une hache d’un modèle peu commun. Il porte la croix de chevalier de l’Ordre de Saint-Louis. A ses pieds, la patte d’une ancre. JPEG Suffren porte une tenue de lieutenant général puisqu’il a été nommé ainsi à la fin de sa vie. Il tient dans sa main droite le traité de paix de l’Angleterre de 1783. Il porte en sautoir une croix qui pourrait être celle de l’Ordre de Saint-Louis ou du Saint-Esprit. On devine sous son manteau une plaque, vraisemblablement celle de l’ordre de Malte dont il était bailli, commandeur et ambassadeur auprès du Roi de France. Il s’appuie sur un tronc de palmier stylisé, au pied duquel est posé un graphomètre, instrument de mesure précise des angles.


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