Voici un résumé de la conférence prononcée ce matin par M.Christian Buchet, réalisé par M. Jean-marie Kowalski, professeur et responsable du département de Sciences Humaines (SH) à l’École navale.
"La France ne s’est pas tournée naturellement vers la mer, et les rapports qu’elle entretient avec elle sont marqués par une grande inconstance historique. Les raisons en sont nombreuses, mais on notera en premier lieu qu’il a fallu attendre la fin du 15ème et le début du 16ème siècle pour que les principales façades maritimes françaises, la Bretagne et la Provence, passent sous le contrôle du pouvoir royal, mais cette extension géographique fut compliquée par l’imbroglio institutionnel des prérogatives maritimes, au moins jusqu’aux réformes entreprises par Richelieu. Quant au pouvoir politique, son regard s’est traditionnellement tourné vers les frontières terrestres de l’est, dans la mesure où c’est de là que sont venues pendant des siècles les principales menaces. Au contraire de la France, la Grande-Bretagne, quoique moins peuplée, a profité d’une réforme plus précoce de son agriculture qui permit de libérer de la main d’oeuvre pour la marine, de concentrer l’épargne et donc les moyens d’investissement. Pendant ce temps, les Français continuaient d’investir dans la terre, dont les rendements sont nettement inférieurs à ceux des entreprises maritimes. Un grand espoir naît aujourd’hui, dans la mesure où ces handicaps historiques sont levés. Seuls subsistent certains blocages de notre société, toujours marquée par la peur de l’aventure, alors même que la France possède, notamment du fait de ses outre-mers, un potentiel de développement maritime inégalé dans le monde. A l’heure d’entrer dans une nouvelle ère historique, notre pays est riche d’indéniables atouts."